Chaque vol, chaque repas, chaque achat laisse une trace dans l’atmosphère. L’empreinte carbone est la mesure de cette trace : la quantité de gaz à effet de serre émise, directement ou indirectement, par une personne, une entreprise ou un pays. En Suisse, ce calcul est plus complexe qu’il n’y paraît. Nos habitudes de consommation déplacent une part importante des émissions vers l’étranger, hors des statistiques officielles. Comprendre comment se forme votre empreinte, constitue la première étape pour agir là où ça compte vraiment.
Qu’est-ce que l’empreinte carbone ?
L’empreinte carbone désigne la quantité totale de gaz à effet de serre (CO2, méthane, protoxyde d’azote) générée par une activité. On l’exprime en tonnes de CO2 équivalent (CO2eq), une unité qui permet de comparer des gaz aux effets différents sur le climat. À l’échelle d’une personne, elle additionne tous les postes de consommation : déplacements, alimentation, logement, achats et loisirs.
Une mesure qui va au-delà des émissions directes
L’empreinte carbone ne se limite pas à ce qu’on émet soi-même. Quand vous prenez l’avion, vous émettez du CO2 via le kérosène. Mais quand vous achetez un smartphone fabriqué en Asie, des émissions ont été générées lors de la production, des transports et de l’assemblage, même si aucune cheminée ne fume dans votre pays. C’est ce que l’on appelle les émissions indirectes. Elles constituent souvent la part la plus importante du bilan individuel.
Empreinte carbone ou empreinte écologique ?
Les deux notions sont proches mais distinctes. L’empreinte écologique mesure la pression globale sur les ressources naturelles : eau, terres agricoles, forêts, matières premières. L’empreinte carbone, elle, se concentre exclusivement sur les gaz à effet de serre. Elle est plus précise, plus facile à mesurer et plus directement liée au changement climatique. Les deux sont complémentaires pour évaluer l’impact d’un mode de vie, mais si vous souhaitez agir sur le climat, c’est bien l’empreinte carbone qu’il faut surveiller.

La réalité suisse : un bilan plus complexe qu’il n’y paraît
La Suisse affiche des émissions territoriales relativement basses. Le mix électrique est largement décarboné, le réseau ferroviaire est dense et efficace, et les standards de construction sont élevés. Mais ces chiffres ne racontent qu’une partie de l’histoire.
Le poids des importations dans le bilan réel
Une part très large de l’empreinte carbone des Suisses est générée hors du territoire national. Chaque produit importé, qu’il s’agisse d’un vêtement, d’un appareil électronique ou d’un aliment transformé, embarque avec lui les émissions liées à sa fabrication et à son transport. Ces émissions n’apparaissent pas dans l’inventaire officiel suisse, mais elles existent bel et bien.
C’est pourquoi l’empreinte de consommation réelle d’un habitant de Suisse est sensiblement plus élevée que ce que laissent entendre les statistiques territoriales. Pointer uniquement les chiffres locaux, c’est sous-estimer sa responsabilité réelle. Cette distinction entre émissions de production et émissions de consommation est pourtant centrale pour comprendre où agir.
Les postes qui comptent vraiment
Pour un ménage suisse ordinaire, trois grands postes concentrent l’essentiel des émissions :
- Le transport : l’avion reste le mode de déplacement le plus émetteur au kilomètre. Un vol longue distance peut générer plus d’émissions qu’un mois entier de conduite automobile.
- L’alimentation : les produits d’origine animale, notamment la viande de bœuf et les produits laitiers, ont une empreinte carbone nettement supérieure aux protéines végétales.
- Le logement : le chauffage au gaz ou au mazout représente une part importante des émissions directes d’un foyer. Passer à une pompe à chaleur ou améliorer l’isolation aide à améliorer ce bilan.
L’importance de la hiérarchie des gestes
Un piège courant est de se concentrer sur des gestes symboliques au détriment des actions réellement efficaces. Trier ses déchets, éteindre les lumières ou refuser les sacs plastiques sont des habitudes positives. Mais leur impact reste marginal face à un changement d’alimentation ou à la suppression d’un vol long-courrier.
Comprendre cette hiérarchie aide à prioriser, agissez d’abord sur les postes les plus lourds, puis affinez progressivement.
Questions fréquentes sur l’empreinte carbone
Qu’est-ce que veut dire empreinte carbone ?
L’empreinte carbone est la quantité totale de gaz à effet de serre générée par une personne, une entreprise ou un pays, exprimée en tonnes de CO2 équivalent. Elle inclut les émissions directes (conduite, chauffage) et indirectes (fabrication des produits achetés, transports de marchandises à l’étranger).
Quelle est l’empreinte carbone d’une personne en Suisse ?
L’empreinte de consommation d’un habitant de Suisse est sensiblement plus élevée que sa seule empreinte territoriale, car une large part des émissions est générée hors du pays via les importations. La comparaison avec d’autres pays européens doit tenir compte de cette distinction entre émissions produites et émissions consommées.
Qui a la pire empreinte carbone ?
À l’échelle des pays, les grandes économies productrices d’hydrocarbures affichent les empreintes les plus élevées par habitant. Mais l’empreinte de consommation, qui attribue les émissions au pays qui achète le produit plutôt qu’à celui qui le fabrique, change considérablement ce classement. Les pays riches à faibles émissions territoriales, dont la Suisse, peuvent se retrouver parmi les plus gros émetteurs sur cette base.
Identifier les vrais leviers pour réduire son impact
Comprendre son empreinte carbone, c’est d’abord accepter que nos émissions ne s’arrêtent pas à nos frontières. En Suisse, une part importante de l’impact climatique est invisible dans les statistiques nationales, mais bien réelle. En identifiant les postes qui pèsent le plus, notamment le transport aérien, l’alimentation carnée et le chauffage fossile, et en agissant par ordre de priorité, chacun peut réduire son impact de façon significative.
Lectures complémentaires :
- Pourquoi l’empreinte carbone de la Suisse est plus grande qu’on ne le pense ».
- Climat : données et statistiques
- https://www.hellocarbo.com/blog/compenser/emissions-directes-indirectes-quelles-differences/
- https://www.wwf.ch/fr/nos-objectifs/viande-et-produits-laitiers
